Posts Tagged ‘Carnets de voyage’

Smithfield Horse Market, Le Marché aux chevaux de Dublin

6 juillet 2011

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Nous qui, à chacun de nos voyages, nous attachons à écrire et peindre les marchés, nous nous sommes retrouvées inopinément au milieu de milliers de personnes enchevêtrées parmi une confusion de sabots, casquettes capuches et baskets, maquignons et enfants, ventes confuses de chevaux.
Qui achète quoi, où et comment ?
Ca bouge à en être étourdissant, et ce que nous voyons nous laisse comme un étrange malaise : une débauche de bruits sur les pavés, d’agitation et de fanfare, c’est un jour de fête populaire. De petits poneys montés par des « grands », de jeunes enfants sur d’immenses chevaux, des attelages de course ou d’agrément galopent anarchiquement à travers la place, de vieux messieurs, rênes à la main, discutent assis, tandis que défilent à bride abattue chevaux à longs poils ou presque pur sang au milieu de la foule de curieux qui s’écartent comme pour une haie d’honneur.

Un moment bien insolite de gaité et de tristesse confondues, accentué par la présence de beaucoup d’enfants qui participent
à ce commerce.
Les poneys kids, venus acheter à bas prix ou revendre des chevaux sur ce marché, les montent à cru avec une aisance remarquable.
Et même si parfois, un  geste un peu brutal peut nous choquer, on comprend bien que le cheval est devenu pour certains enfants
défavorisés, le dernier lien social et affectif.
Ils renouent en quelque sorte avec une fière tradition dans une actualité qui semble déchirer l’île rattrapée par une économie européenne qui l’étrangle au point de voir, tout récemment dans les rues, des banderoles disant :
“ NO! Dont’ mess our children lives  » Ne jouez pas avec la vie
de nos enfants…

Mais ce marché remue en tous sens et la rencontre commerçante semble même tacite et codée au milieu  des démonstrations d’habileté.
Quoi qu’il en soit, trop informel, trop singulier et peu gérable, ce marché est en passe d’être interdit.

Peut-être aura-t-il disparu  à notre prochain voyage ?
Il anime pourtant, chaque premier dimanche  du mois  depuis 1664, la vie d’un des  plus anciens quartiers de Dublin.

Irlande, Ile miroir d’existence…

6 juillet 2011

L’Irlande, c’est l’alliance forte des hommes et d’un paysage. Rudesse historique de l’insularité, combat pour survivre.
Tourmentée par l’Histoire, elle résiste à cette dualité  d’une modernité qui broie et d’une tradition qui persiste.

abbaye de Jerpoint comté de Kilkenny

Lorsque par ici nos pas nous mènent au bord d’une sombre falaise, par là aux extrémités des marchairs fertiles jusqu’à toucher la mer, ou au milieu des tourbières immenses d’où les repères se perdent, croisant encore moutons et chevaux au détour d’un champ, ou vers un port coloré, et les villes où nos sens sont envoûtés par la musique irlandaise dans quelque Pub embrumé et ocré de bière, nous reviennent en mémoire les impressions du poète irlandais John M. Singe qui, en 1898, évoquait l’infinie humanité de l’Ile et sa culture « naïve » toute empreinte de contes féériques et de paysages à la beauté aride.
Saisies et fascinées, nous parcourons ces paysages au contraste étonnant entre le calme insulaire : l’eau qui apaise, la verdure rassurante, les espaces naturels encore préservés, et la tourmente économique
que vivent actuellement les irlandais.

vues des côtes irlandaisesîle miroir d'existences

Ile miroir d’existence… Au-delà de la transparence, nous voulons entendre ces voix singulières,
à la recherche d’émotions nouvelles que l’insularité imprègne lorsque le paysage
s’ancre dans le temps et que les hommes conjuguent avec les nécessités de la vie.

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Carnet Moleskine, Tunisie, La Goulette

28 décembre 2009

Quelques dessins réalisés sur le port de la Goulette, avril 2009

Djerba, marché de Houmt Souk

22 décembre 2009

Marseille, carnet Moleskine

21 décembre 2009

Quelques extraits du Moleskine… des dessins réalisés sur le vieux port, entre Juillet et Août 2009, moments délicieux à l’occasion desquels j’ai fait connaissance de Michel, Nana, Amedh et Jeanine…

Maroc

21 décembre 2009

 

Zagora, femmes berbères
Chaque dimanche, sur le marché de Zagora, un coin est réservé aux femmes. Isolées du sol par quelques vieilles bâches, ces berbères, tout à la fois brodent, maternent et vendent leur artisanat. Rudesse des regards, travail vital, pas de place pour le sourire commercial…

 

Mon voyage en terre Noire, biennale de Clermont-ferrand 2009

20 décembre 2009

Ça commence par un voyage dans la tête et puis il y a eu Clermont et la 10ème biennale des carnets de voyage. Evelyne peint et j’écris; depuis un an nous mettons en commun nos émotions lors de nos échappées sur les marchés parisiens et méditerranéens. Et puis un dossier à l’association « Il faut aller voir »,avec un grand point d’interrogation, ne sachant pas mesurer vraiment nos réalisations (enfin, j’étais déjà sûre qu’Evelyne se sous-estimait!).

Entre temps, une visite à l’expo du musée de la poste à paris, et le choc devant les « grands » du carnet de voyage. L’inquiétude gagne du terrain car le dossier est déjà parti! et puis voilà que la réponse arrive: vous avez été sélectionnées en IN pour la biennale. Panique et excitation…Wouah! on y va.

On prépare avec fébrilité nos travaux pour les présenter. On ne se quitte plus avec Evelyne pour finaliser.

Au-delà des carnets, une boutique proposera à la vente quelques réalisations, donc on ajoute des cartes…on mêle nos familles à l’affaire, Alain, mon mari pour formaliser… Nicolas, le fils d’Evelyne trouve une idée originale de mini carte pliable scellée par le timbre-poste. Afin de s’assurer de son passage possible par la poste, j’en écris une à Alain, elle arrive le lendemain et le touche beaucoup. Quand je ne sais pas dire, j’écris.

Et jeudi 12 novembre, c’est le départ pour Clermont. Evelyne et son frère Didier en voiture avec tout le matériel, je les rejoins en train (mon dos étant encore mon ennemi depuis qu’il accueille une colocataire du nom de hernie).

Arrivée au Polydome dans la soirée, puis tard le soir après les dernières installations du stand, nous rejoignons l’hôtel. Difficile de s’endormir sans repenser aux événements que nous venons de vivre car un autre voyage venait de commencer au 2ème étage, stand 206.

Cet après-midi, en effet, j’avais l’estomac serré, les premiers carnettistes étaient déjà arrivés et les oeuvres s’exposaient. Que penser des nôtres? Nous en étions assez fières chez nous avant de venir… Mais là, quelques pensées de Pascal me reviennent cruellement en mémoire: cette notion « d’infiniment grand et d’infiniment petit »…

Nous voulions rendre sur notre stand l’esprit des marchés, alors une fois les cadres rassemblant les illustrations et les textes accrochés, deux tables se sont transformées en étals avec des tissus rapportés de Tunisie sur lesquels nous avons installé mes carnets d’écriture, les fac similés des dessins d’Evelyne sur les marchés aux poissons de Marseille et de la Goulette, nos essais de marque-pages du marché de Menton, cartes de visites, reproductions plastifiées dans des paniers afin que tout soit manipulable par les curieux; thé à la menthe pour la convivialité et rouleau de papier à dérouler, livré aux passants pour y écrire librement comme pour une liste de commissions.

Dans une vitrine, les originaux, dessins au crayon sur moleskine. Et puis voilà. A la boutique nous déposons quelques cartes artisanales, repros et le petit concept innovant des mini-cartes. A ce moment-là il est 20h, une atmosphère cotonneuse et quelques échanges épars mais déjà colorés de chaleur..

J’ai récupéré mon dossier d’accueil, tout est parfaitement organisé. J’ai mon badge sue lequel est noté mon nom et « auteure ». Au risque de paraître caricaturalement infantile, je dois avouer que j’aurais bien dormi avec comme une gamine qui vient de recevoir le cadeau de ses rêves et ne veut plus le quitter! C’est une première quand même!

Vendredi 13 novembre, 8h30. Ouverture de la Biennale, moment d’une grande intensité. Durant cette journée, des scolaires vont circuler; ce sont eux qui inaugureront sur notre stand, la liste de commissions! Les plus jeunes d’abord, puis une classe de collège qui a remporté l’an dernier un prix pour leur carnet sur les mineurs. Avec eux, un long moment très agréable. Petit à petit notre stand est fréquenté avec une régularité qui ne cesse de nous étonner. Mais nous l’avons installé à cet effet et le plaisir des échanges va grandissant: certains pour partager leur impression de voyage.

Evelyne met son éloquence au service de la Tunisie, son pays natal. Quant à moi, j’ai l’agréable surprise de rencontrer des mentonnais comme moi, ravis de redécouvrir le marché, les couleurs du coin.

A 14h30 nous avons une classe de 5ème du collège St Saturnin pour une rencontre. Un moment magique: même si les profs d’Arts plastiques et de français que nous sommes ont l’habitude d’intervenir, dans ce cadre particulier, nous y avons pris un plaisir multiplié à la manière de conteuses. Avant de les quitter, nous leur avons proposé un morceau de papier informel sur lequel écrire leur premier mot pour un carnet à venir, et beaucoup l’ont fait et nous l’ont offert en souvenir. C’était touchant au point que nous les avons accrochés sur le stand. D’ailleurs, ils sont revenus voir, eux-mêmes ravis de l’intérêt qu’on leur avait porté. Encore un moment souvenir gravé dans nos mémoires.

« Le voyage onirique »se poursuit grâce à toutes les rencontres de ces 3 jours, un peu submergées par l’attention des visiteurs.

Au repas du soir, on fait un peu connaissance avec le couple Kérivel,déjà très connu et adorable. Et Eric Tournaire, prof d’arts plastiques chaleureux et drôle…

Le logement était à partir de ce soir prévu par la Biennale, mais il se trouve que j’étais la seule à être hébergée à  Holliday Inn. Aussi nous avons organisé un échange et j’ai rejoint Evelyne à l’hôtel St André face à la gare pour ne pas être seule. C’est Didier qui va profiter du grand confort, j’ai  perdu en qualité de lit mais gagné en convivialité et petite clope avec ma copine!

Samedi 14 nov. du monde, du monde… Les moleskines ont un franc succès, au point qu’un démarcheur pour une maison d’édition approche Evelyne… à suivre. Les salles sont envahies de visiteurs venus de partout, c’est impressionnant. On rencontre aussi les responsables de la revue du bout du monde, contact aussi.

Alors que j’apprends à mes élèves à formuler leurs sentiments et manipuler la langue, je suis, sur l’instant, muette!

Une accumulation de surprises avec un des responsables , intéressé et profilant un « après »…l e choc.

Les premiers regards sont bien sûr portés sur les dessins et illustrations, mais l’émotion est généreusement partagée. La lecture attentive des textes  vient plus tard. Mais grâce à la visite de quelques amateurs de l’écrit et de mes amis Chamboux , je sais que mes textes peuvent aussi avoir un écho, ce qui me ravit évidemment. Beaucoup ont demandé un album, nous nous y attelons!

le samedi soir nous avons décidé de ne pas dîner avec tous les carnettistes car nous étions 10, famille amis et…Eric le  carnettiste avec qui nous avons sympathisé. Une soirée chaleureuse au cours de laquelle des idées fusaient de toutes part au sujet d’un projet lancé par Eric d’un collectif autour d’un thème; une pluie de délires pour retenir l’idée de la route des superstitions.

Dimanche 15, nous sommes déjà plus à l’aise au niveau émotionnel en nous rendant au Polydome. Anecdote du bus B, le car nous passe sous le nez, un signe désespéré…  Résignées nous pensons attendre le suivant; mais non, le chauffeur nous attend à l’arrêt! gentillesse inattendue!!! Tout ça pour dire qu’à Clermont les gens sont charmants. En effet, toutes les personnes rencontrées là-bas semblent venir d’une autre planète: sourire, échanges attentionnés, y compris avec les carnettistes pro, vieux routiers de la biennale.

Comme les autres jours, beaucoup de monde, devant notre stand aussi, mais dans une atmosphère plus calme car la foule grossira plus progressivement que la veille.

Et toujours comme un enchantement.

La journée avance trop vite à mon goût, sans doute parce que l’heure du train du retour approche; je repars avec Alain à 17h30 pour Paris gare de Lyon. C’est une imminence un peu angoissante.

Avant de partir quelques petites dédicaces de cartes postales à Pénélope qui tient le stand du guide Michelin et à la jeune fille de Nouvelles frontières. Elles sont très touchées par mon geste, et je sais qu’Evelyne à son tour leur offrira quelque souvenir de notre passage. Elle se chargera sans moi hélas de démonter le stand le soir et ne repartira avec Didier que le lendemain. D’autres rencontres encore dont je me souviendrai comme Delphine aux yeux d’un bleu profond et aux carnets d’une grande fraîcheur. Le dromadaire vert et le super carnettiste…

Je ne reprends l’école que mardi et en attendant de redescendre difficilement sur terre, je préfère ne pas y penser et faire durer encore ces moments d’une autre dimension.

J’ai aussi toutes les photos prises avec lesquelles Alain vient de me confectionner mon « album » déjà plein de souvenirs.

Voilà pour aujourd’hui, la neige appelait un repli maison calfeutré et une petite histoire. Si vous êtes arrivés au bout, bravo pour votre ténacité de bon lecteur!!!

Fabienne Kaufmann.

Nos premiers pas de Bloggeuses!

19 décembre 2009

Voilà qu’hier Fabienne est arrivée dans ma salle d’Arts Plastiques. Elle n’a pas loin à aller, vu qu’il y a quelques années une principale complaisante a préféré installer la classe de Français de Fabienne face à la mienne,  nous épargnant ainsi la pénible traversée de  l’immense couloir de notre collège… à moins qu’elle n’ait seulement renoncé à nous demander de rester tranquilles dans nos salles!

Quoi  qu’il en soit Fabienne a débarqué à 12h35. Chaque jeudi à la même heure, nous avalons rapidement un sandwich et nous nous mettons au travail sur nos carnets de voyage… Je croyais naïvement que nous allions avancer le premier album des Marchés de Méditerranée.

Que nenni! Elle m’annonce tout de go que là, c’est pas possible, il nous faut un blog! Et qu’en plus, ses fils lui ont dit que ça se fait tout seul!!!

Bon! Alors voilà, ça fait deux nuits qu’on s’y colle! Et comme pour nous,  s’aventurer sur la toile relève des sports extrêmes on avance à petits pas sous la tutelle bienveillante (mais néanmoins parfois désemparée par tant de candeur sénile- la nôtre) de mon fiston.

Grand merci donc à Tommy sans lequel je n’aurais pas encore trouvé le bouton ON de l’ordinateur!

Bienvenue à tous, en espérant vous faire partager notre plaisir  de voir et dire ces marchés du monde!

E.L.

Marché aux poissons du Quai des Belges, Marseille

18 décembre 2009

Marché de Tozeur, Tunisie

18 décembre 2009

Tozeur

Ville principale de la région des Chotts, au Nord-Est du Sahara.

Le marché central, autrefois riche en produits de la palmeraie, paraît aujourd’hui étrangement vide. La fonction vitale de l’eau a été détournée et la palmeraie se meurt. La population subit le choc d’une économie devenue essentiellement touristique, bafouant les valeurs ancestrales d’identité culturelle indispensable autant que de besoins vitaux au profit d’une rentabilité illusoire qui aura creusé un fossé irréversible.

Le marché aux animaux se tient chaque dimanche matin à l’entrée de la ville. Poignée de mains d’une affaire conclue, bâillement d’un acheteur trop tôt levé. A dix heures, tout est terminé.

Le père veille de loin et parmi cet univers résolument masculin, tenir les rênes deviendrait presque un rituel de passage.