Archive for the ‘Carnets de voyage’ Category

Des nouvelles de Dingle

31 janvier 2012

Nous avons, pour Noël, envoyé à Ena une reproduction de son portrait et la page d’écriture du carnet, accompagnées d’une petite missive à l’anglais approximatif…. Elle a répondu! une lettre charmante, ravie d’avoir eu des nouvelles de notre passage dans sa galerie; elle a montré ce courrier à sa soeur Leslie qui s’est empressée également d’envoyer un mail.

Voilà des petits moments de bonheur.

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Dingle, une étonnante rencontre

31 janvier 2012

A Dingle, une étonnante rencontre, au bout d’une impasse, dans la petite galerie bleue : « Dingle older galery ».

Une magnifique vieille dame aux cheveux blancs est en train de broder une veste à fleurs. A travers la vitre de sa galerie de peinture, elle nous sourit déjà : comme une invitation. Nous entrons, et quelques mots plus tard, elle nous parle de la France, de Maurice Druon qu’elle a connu et de Joseph Kessel dont elle est la belle-sœur. Elle s’appelle Ena Keogh (O’ Brien). C’est à peu près incroyable, elle nous montre son carnet d’adresses de Paris, tout usé et nous dit en riant : « essayez de déchiffrer l’adresse de mon fils à Paris », puis celles de ses anciennes connaissances, mais elle a 88 ans et ajoute en souriant : « ils sont presque tous morts ! » Elle accepte avec plaisir de nous parler de ses souvenirs, émue et note son nom sur mon carnet de voyage, soudain devenu très précieux !

Comment rendre avec une juste tonalité ce moment improbable ? C’est un échange magique et éphémère presque à l’abri des regards. Et pourtant elle est là et passe le temps. Ena est majestueuse, élancée, avec une voix douce et chaleureuse. Une atmosphère toute particulière règne dans sa boutique, une sorte de calme respectueux et à la fois riche de paroles à dévoiler. Nous quittons son antre avec regrets.

Fabienne Kaufmann

Ena, une étonnante rencontre à Dingle

Smithfield Horse Market, Le Marché aux chevaux de Dublin

6 juillet 2011

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Nous qui, à chacun de nos voyages, nous attachons à écrire et peindre les marchés, nous nous sommes retrouvées inopinément au milieu de milliers de personnes enchevêtrées parmi une confusion de sabots, casquettes capuches et baskets, maquignons et enfants, ventes confuses de chevaux.
Qui achète quoi, où et comment ?
Ca bouge à en être étourdissant, et ce que nous voyons nous laisse comme un étrange malaise : une débauche de bruits sur les pavés, d’agitation et de fanfare, c’est un jour de fête populaire. De petits poneys montés par des « grands », de jeunes enfants sur d’immenses chevaux, des attelages de course ou d’agrément galopent anarchiquement à travers la place, de vieux messieurs, rênes à la main, discutent assis, tandis que défilent à bride abattue chevaux à longs poils ou presque pur sang au milieu de la foule de curieux qui s’écartent comme pour une haie d’honneur.

Un moment bien insolite de gaité et de tristesse confondues, accentué par la présence de beaucoup d’enfants qui participent
à ce commerce.
Les poneys kids, venus acheter à bas prix ou revendre des chevaux sur ce marché, les montent à cru avec une aisance remarquable.
Et même si parfois, un  geste un peu brutal peut nous choquer, on comprend bien que le cheval est devenu pour certains enfants
défavorisés, le dernier lien social et affectif.
Ils renouent en quelque sorte avec une fière tradition dans une actualité qui semble déchirer l’île rattrapée par une économie européenne qui l’étrangle au point de voir, tout récemment dans les rues, des banderoles disant :
“ NO! Dont’ mess our children lives  » Ne jouez pas avec la vie
de nos enfants…

Mais ce marché remue en tous sens et la rencontre commerçante semble même tacite et codée au milieu  des démonstrations d’habileté.
Quoi qu’il en soit, trop informel, trop singulier et peu gérable, ce marché est en passe d’être interdit.

Peut-être aura-t-il disparu  à notre prochain voyage ?
Il anime pourtant, chaque premier dimanche  du mois  depuis 1664, la vie d’un des  plus anciens quartiers de Dublin.

Irlande, Ile miroir d’existence…

6 juillet 2011

L’Irlande, c’est l’alliance forte des hommes et d’un paysage. Rudesse historique de l’insularité, combat pour survivre.
Tourmentée par l’Histoire, elle résiste à cette dualité  d’une modernité qui broie et d’une tradition qui persiste.

abbaye de Jerpoint comté de Kilkenny

Lorsque par ici nos pas nous mènent au bord d’une sombre falaise, par là aux extrémités des marchairs fertiles jusqu’à toucher la mer, ou au milieu des tourbières immenses d’où les repères se perdent, croisant encore moutons et chevaux au détour d’un champ, ou vers un port coloré, et les villes où nos sens sont envoûtés par la musique irlandaise dans quelque Pub embrumé et ocré de bière, nous reviennent en mémoire les impressions du poète irlandais John M. Singe qui, en 1898, évoquait l’infinie humanité de l’Ile et sa culture « naïve » toute empreinte de contes féériques et de paysages à la beauté aride.
Saisies et fascinées, nous parcourons ces paysages au contraste étonnant entre le calme insulaire : l’eau qui apaise, la verdure rassurante, les espaces naturels encore préservés, et la tourmente économique
que vivent actuellement les irlandais.

vues des côtes irlandaisesîle miroir d'existences

Ile miroir d’existence… Au-delà de la transparence, nous voulons entendre ces voix singulières,
à la recherche d’émotions nouvelles que l’insularité imprègne lorsque le paysage
s’ancre dans le temps et que les hommes conjuguent avec les nécessités de la vie.

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Carnet Moleskine, Tunisie, La Goulette

28 décembre 2009

Quelques dessins réalisés sur le port de la Goulette, avril 2009

les Puces de Montreuil

23 décembre 2009

Pour vous faire patienter…